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Tribune de Genève

Nous partageons avec vous l'article rédigé par Emilien Ghidoni pour la Tribune de Genève concernant la conférence organisée par Maryse Gabbay le 7 décembre dernier et les actions de la Fondation Solyna et de son partenaire l'AFESIP au Cambodge.


«De nombreuses petites filles sont exploitées, torturées»


Maryse Gabbay fait partie de la Fondation Solyna, qui lutte contre le trafic sexuel au Cambodge. De retour du pays khmer, la Genevoise raconte son voyage ce mercredi.


Chaque année, des dizaines de milliers d’enfants khmers sont exploités sexuellement. La plupart dans les maisons closes des grandes villes et des zones touristiques. Des Suisses romands ont créé la Fondation Solyna pour lutter contre ce fléau. L’argent levé par celle-ci est versé à l’AFESIP, un centre de réhabilitation de filles victimes de violences sexuelles. Interview de Maryse Gabbay, membre du Conseil de fondation de Solyna.


Solyna lutte contre le trafic sexuel au Cambodge. Pourquoi ce pays? Le Cambodge est un des pays d’Asie du sud le plus touché par ce fléau. Historiquement, c’est à cause de la guerre et du génocide perpétré par les Khmers rouges. Encore aujourd’hui, des communautés entières sont isolées et appauvries à cause de ces massacres. Ajoutez à cela des croyances sur la sexualité, un taux de chômage important chez les hommes et vous obtenez un mélange maléfique qui fait que de nombreuses petites filles sont exploitées, torturées, violées…

Deux cas de figure sont récurrents. Souvent, les familles pauvres vendent leurs filles à des proxénètes, parfois sans le savoir, en échange de sommes importantes. Elles finissent exploitées dans des bordels. Mais parfois, le trafic a lieu au sein même de la famille. Les plus jeunes filles que nous secourons ont souvent été violées par leur père, leur oncle ou leur voisin.


«Souvent, les familles pauvres vendent leurs filles à des proxénètes, parfois sans le savoir, en échange de sommes importantes.» Maryse Gabbay, membre du conseil de la Fondation Solyna

Face à ce drame, que fait le centre de réhabilitation que vous soutenez? Lorsqu’on signale un abus, l’AFESIP intervient pour sortir la victime de son milieu. Au centre, les jeunes filles reçoivent des soins médicaux et psychologiques. Elles sont ensuite scolarisées si leur âge le permet. En parallèle, nous poursuivons en justice les auteurs de ces crimes. Une fois que leur environnement familial est à nouveau sûr – par exemple lorsque l’agresseur est en prison –, les jeunes filles rentrent chez elles.

Mais notre travail ne s’arrête pas là. Nous suivons les rescapées tout au long de leur vie. Lorsqu’elles ont l’âge de se lancer dans la vie active, nous finançons leurs petites entreprises de couture, d’onglerie, etc. Souvent, elles finissent même par rejoindre un réseau de survivantes, où elles s’entraident. C’est un cercle vertueux.


«Malgré les violences qu’elles ont subies, ces jeunes filles conservent une force de vie qui m’impressionne.» Maryse Gabbay

Vous avez résidé un mois dans le centre de l’AFESIP. Qu’avez-vous vu? Cela peut paraître étrange en ces temps mouvementés, mais j’ai été surtout frappée par l’amour inconditionnel. Bien sûr, j’y ai aussi vu de la pauvreté et du malheur. Les petites filles du centre et le staff se soutiennent les uns les autres. Ils m’ont accueillie parmi eux comme s’ils me connaissaient depuis toujours. Malgré les violences qu’elles ont subies, ces jeunes filles conservent une force de vie qui m’impressionne.


Cette association ne peut pas sauver tout le monde. Que fait le gouvernement khmer? Bien sûr, la corruption dans l’administration nous ralentit encore beaucoup, mais les choses évoluent. Les autorités, dont le premier ministre et sa femme, soutiennent l’association en lui fournissant des denrées alimentaires et des bâtiments en plus. Même au niveau local, des réseaux de solidarité se tissent. Les agresseurs commencent à comprendre qu’ils ne peuvent plus agir en toute impunité.


«Si chaque Suisse donnait seulement un ou deux francs par mois, la somme reversée serait énorme.» Maryse Gabbay

En ces temps difficiles, comment convaincre les Suisses d’aider une association aussi lointaine? Il y a de la misère partout, même en Suisse. Mais le Cambodge est un des pays les plus pauvres du monde. Si chaque Suisse donnait seulement un ou deux francs par mois, la somme reversée serait énorme. Nonante pour cent des dons récoltés par notre association sont envoyés au Cambodge. Si les Genevois veulent mieux comprendre pourquoi il est important de soutenir l’AFESIP, je les invite à se rendre à notre soirée «Carnet de voyage sur le Cambodge», qui aura lieu ce mercredi à 18 h 30, à Forum Genève.


Mercredi 7 décembre à 18 h 30, à Forum Genève, 11, rue de Lausanne


Lien de l'article sur le site de la Tribune de Genève: www.tdg.ch

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